Ce fut � l'occasion de ma premi�re rentr�e scolaire en 1954 que mon p�re revint un apr�s-midi de la ville voisine avec sous le bras un carton contenant un magnifique projecteur de films 9,5 mm Lapierre. Le soir m�me, nous e�mes droit � une premi�re s�ance de 'cin�ma chez soi' qui m'a laiss� un souvenir imp�rissable et a �veill� en moi l'amour des images qui bougent� Je d�couvrais ainsi, sur un drap tendu contre la porte de la cuisine, les premiers courts m�trages avec Laurel & Hardy et Charlot ainsi que les premiers dessins anim�s de Walt-Disney (Mickey et l'autruche).

Un des premiers films que je vis � l'�poque �tait un moyen m�trage avec Laurel & Hardy qui s'appellait �il pour �il. Ce film montrait les avatars de deux vendeurs de sapins de no�l � la sauvette confront�s � un belliqueux client (l'�ternel James Finlayson) auquel les deux comp�res essayent de vendre sans succ�s un conif�re� Evidemment c'est rapidement l'escalade ! Les deux acolytes commencent par d�molir la maison tandis que James Finlayson met leur sapin puis leur voiture en pi�ces� Ces films noir et blanc muets distribu�s par FILM OFFICE �taient mont�s sur des bobines m�talliques de 15, 30 ou 60m et procuraient ainsi quelques minutes de bonheur, reconductibles � volont� ! C'est en hommage � ces deux grands acteurs du comique burlesque et aux inoubliables souvenirs qu'ils ont laiss� dans le c�ur de millions de spectateurs que j'ai d�cid� de r�aliser cette modeste page. J'esp�re qu'elle r�veillera �galement chez vous quelques bons souvenirs�

Projecteur Lapierre type L60
(Photo cin�8)

Un des premiers films r�unissant les deux acteurs

Image extraite du film
Les fils du d�sert

Tout commence en 1926�
Oliver Hardy attend avec impatience une place de figurant dans les films tourn�s par le r�alisateur Hal Roach car, bien qu'il soit propri�taire d'une salle de cin�ma et qu'il a d�j� particip� � des centaines de films, le jeune Olivier Hardy a un besoin urgent d'argent. Ce m�me matin, un certain Stan Laurel se rend lui aussi dans les bureaux de Hal Roach... Le jeune homme a d�j� fait ses preuves comme com�dien et s'est d�j� fait une petite c�l�brit�, mais il s'est vite lass� de son titre de com�dien s�rieux et pr�f�re se livrer � des pitreries et � l'�criture de sc�narios� Alors qu'ils se c�toient sans s'accorder le moindre regard, un jeune metteur en sc�ne, Leo McCarey, 'flashe' en voyant ce couple de personnages si diff�rent mais qu'il imagine d�j� si compl�mentaires. Il pr�sent de suite l'alchimie parfaite entre Laurel, personnage � la taille fine cultivant la biens�ance, et Hardy, ce gros bouffon multipliant les maladresses. La mayonnaise 'prend' et d�s le premier �pisode, le succ�s est au rendez-vous. Leo Mc Carey flaire �videmment les �normes b�n�fices qu'il pourra engranger en exploitant commercialement ce qui deviendra le duo du si�cle. D�s le premier tour de manivelle, les deux acolytes font exploser leur personnalit� oppos�es et la symbiose qui en r�sulte approche de la perfection. La clef du succ�s de ces courts et moyens m�trages � faible budget : plus ils veulent bien faire, plus ils cumulent les catastrophes ! Laurel est un incorrigible maladroit d�clencheur de catastrophes et Hardy en fait syst�matiquement les frais...
Derri�re la cam�ra, les r�les sont �galement partag�s. Laurel �crit le sc�nario des gags et des sketchs que Hardy accepte sans trop rechigner. Pour ne pas g�cher cette amiti� qui s'est install�e au sein de leur duo, ils choisissent d'ailleurs de se fr�quenter le moins possible en dehors des plateaux....
Malgr� un succ�s mondial et des millions de spectateurs, l'aventure commune conna�tra un �pilogue quasi-tragique car les deux h�ros se retrouveront compl�tement fauch�s � la fin de cette aventure devenue qui se transformera au fil des ann�es en un v�ritable cauchemar� En effet, les deux comp�res �taient li�s par un contrat quasi identique � celui de leurs d�buts, et ils ne toucheront pas le moindre dollar pour les milliers de rediffusions t�l� qui auront lieu par la suite dans le monde et c'est ainsi qu'en 1957, Oliver Hardy d�c�de presque dans l'indiff�rence et l'ignorance g�n�rale� Cette histoire r�voltante a n�anmoins permis � Stanley de recevoir bien tardivement un oscar d'honneur en 1961, quatre ann�es avant de rejoindre son partenaire dans un monde meilleur...

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